Le Sgen-CFDT à L'UVHC

Présence syndicale pour tous à l'Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis

Campus spécial loi ESR Février 2013

Par sgen a l'uvhc • 2 mar, 2013 • Catégorie: CAMPUS, Infos nationales

Campus Special_579_fevrier2013

En voici l’éditorial:

Constance syndicale

S’il fallait un point de départ, on le chercherait dans l’épisode traumatique de la loi LRU. Promue par Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse, cette loi utilisait un de nos fondamentaux : la demande d’autonomie et de liberté des acteurs, le principe de la décentralisation des responsabilités au plus près du terrain. Mais bien sûr, la formulation législative était celle d’une logique de droite, c’est-à-dire à la fois libérale, autoritaire (un seul chef) et managériale.

On nous a souvent dit, à l’époque et en particulier lors du mouvement des enseignants- chercheurs, que notre posture n’était pas compréhensible : nous critiquions les formes et les conséquences de la loi, tout en continuant à défendre le principe de l’autonomie des établissements. C’est comme ça, nous sommes comme ça : notre syndicalisme veut changer les choses, pas les simplifier abusivement à coup de slogans réducteurs et d’antithèses artificielles.

Les années qui ont suivi, nos adhérent-e-s, militant-e-s et sympathisant-e-s ont patiemment démontré la valeur de nos positions : en participant, comme élu-e-s ou comme responsables, aux équipes dirigeantes qui acceptaient la logique de démocratisation des instances qui nous avaient été imposées ; en contestant les équipes présidentielles autoritaires et managériales qui usaient et abusaient des nouveaux pouvoirs dont elles disposaient. Dans les deux cas, nos propositions, nos discussions, nos informations les soutenaient.

L’alternance a offert l’occasion de démontrer que la pratique de l’autonomie était inséparable de la collégialité et de la démocratie. Cette idée, la nôtre, influençait le programme du PS, bien que de façon bien vague et contournée. Nous proposions deux leviers pour l’atteindre : des contre-pouvoirs à un CA gestionnaire par une assemblée fusionnant CS et Cévu, et une logique fédérale encadrant le niveau « établissement » par le haut (communauté d’universités) et par le bas (statut des composantes). Ces idées ont été au centre des assises de l’université et des conclusions du rapport Berger comme du rapport Le Déaut. Nous les avons déclinées, dans toutes leurs conséquences, dans les consultations, conseils et réunions auxquels nous étions élu-e-s ou convié-e-s. Nous les avons étoffées et argumentées grâce à tous nos adhérent-e-s, dans de larges réunions et à travers notre forum. Nous avons critiqué les reculs de l’équipe ministérielle face aux divers groupes de pression. Nous avons soutenu, on peut l’écrire sans rougir, même si cela écorne quelques clichés, cette même équipe quand elle faisait preuve d’audace réformiste.

La loi ESR, qui devrait être présentée au conseil des ministres le 27 mars, vient en grande partie de cette opiniâtreté de tou-te-s nos militant-e-s. Nous ne nous faisons pas d’illusion : dans l’immédiat, elle ne changera guère notre quotidien, qui a besoin de crédits quand l’État est contraint à l’austérité et ne pourra compter sur les moyens nécessaires au développement de notre recherche et de nos enseignements. Nos adhérent-e-s retrouveront, inchangées, les alternatives douloureuses entre des choix décevants mais nécessaires, pour créer les marges de manœuvre permettant le développement de leurs établissements. Nous continuerons, patiemment, à revendiquer les moyens dont nos établissements ont besoin.

Mais pour l’instant, nous avons fortement contribué à inventer une forme de démocratie universitaire que ceux qui s’y opposent aujourd’hui défendront demain comme un acquis précieux. Par cette constance dans nos orientations, et par le résultat obtenu, nous pensons avoir répondu à ceux qui prophétisent le déclin du syndicalisme, qui critiquent son prétendu immobilisme, qui lui dénient sa légitimité : c’est bien la continuité et la créativité d’une organisation syndicale qui a permis la transformation de notre outil de travail et l’amélioration des conditions d’exercice de notre métier.

Frédéric Sève

 

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